le 22 juin


Zola

Notre prof de littérature était malade aujourd’hui, mais son collègue nous a préparé une leçon très intéressant au sujet de Germinal par Zola. Nous n’étudions que les romans du dix-neuvième siècle dans ce cours.

D’abord, il parle de l’horizontalité et la verticalité du roman. Ici, un extrait du premier chapitre :

Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n'avait la sensation de l'immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d'avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d'arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d'une jetée, au milieu de l'embrun aveuglant des ténèbres.

L'homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d'un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d'un coude, tantôt de l'autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d'est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d'ouvrier sans travail et sans gîte, l'espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D'abord, il hésita, pris de crainte; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.

On ne trouve pas beaucoup d’éléments de verticalité. La manque de verticalité indique qu’il n’y pas d’espoir. De plus, on trouve un champ sémantique des mots au sujet de 1) l’obscurité et 2) le froid.

J’aime lire, mais je ne suis pas très forte en analysant les petits détails. J’ai appris aujourd’hui que les grands romans, ils sont une expérience. Zola veut que le roman fasse une expérience pour la lecture et il a mis ingénieusement un immense montant des descriptions et détails. J’ai déjà acheté le livre et je ne peux pas attendre pour le lire en faisant attention au symbolisme des mots.

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